Le Syndrome d’Apnées du Sommeil (SAOS) est une maladie respiratoire qui peut avoir des conséquences graves sur la santé. A chaque apnée, votre cœur et votre cerveau subissent un stress. Nuit après nuit votre sommeil est perturbé, votre qualité de sommeil est altérée.

Ce site, destiné au grand public, a pour vocation de vous faire connaître et reconnaître le Syndrome d’Apnées du Sommeil. Les informations fournies sur ce site sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation directe entre le patient (ou visiteur du site) et les professionnels de santé.

Vous, votre conjoint, un ami ou un collègue peut être concerné !

 
DÉPISTAGE ET TRAITEMENTS

Comment savoir si l’on est atteint du syndrome de l’apnée du sommeil ?

Le syndrome d’apnée du sommeil reçoit de plus en plus d’attention de la part de la communauté médicale. Pourtant son diagnostic au quotidien relève du véritable casse-tête. Très souvent sa mise en évidence est liée à un accident du travail ou de la circulation.

Le syndrome d´apnées obstructives du sommeil (SAOS) c’est quoi ?

Etre atteint d'apnée du sommeil signifie que certaines personnes ont, durant leur sommeil, des périodes pendant lesquelles elles ne respirent plus (ne pas respirer est une apnée). La personne atteinte ne s’en rend pas compte.Mais le conjoint ou la conjointe s’en aperçoit, parce que après l’apnée, il y a une reprise bruyante de la respiration. Les conjoints s’inquiètent quand ils entendent l’autre cesser de respirer.

Les symptômes de l'apnée

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Lorsque la personne cesse de respirer, c’est une apnée.
Dans d’autres cas la respiration est très difficile, et on parlera d’une hypopnée. (hypo = insuffisant – pnée = respirer)
Durant la nuit, ces difficultés à respirer se répètent plusieurs fois par heures.
Quelles sont les conséquences de ces difficultés respiratoires ?
La respiration est vitale vous le savez. Au bout d’un certain temps d’apnée votre corps réagit, il vous réveille et vous reprenez votre respiration normalement.
Mais vous ne vous rendez pas compte de ce réveil, car ce n’est pas un réveil conscient (c’est un microréveil).
En revanche votre cerveau, qui ne demande qu’à dormir, se réveille ainsi plusieurs fois par heure. Ceci signifie que votre sommeil est fragmenté en petit bouts. Les réveils vous empêchent de trouver un sommeil de qualité qui vous permet de récupérer.

A cause des apnées vous dormez mal, votre sommeil n’est pas réparateur. Le matin quand vous êtes obligé de vous réveiller vous êtes très fatigué.
Or se réveiller fatigué est anormal, car lorsque l’on dort bien, on se réveille frais dispos, c’est d’ailleurs dans ce but que l’on dort.

Rappel :
Une apnée se définit comme une interruption de la respiration pendant plus de 10 secondes.
Une hypopnée par une diminution de la ventilation d’au moins 50 %.

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1ère alerte

Parmi les éléments de l´interrogatoire et de l´examen clinique, le ronflement, les apnées décrites par l´entourage, lasomnolence diurne, l´obésité, le sexe masculin et l´hypertension artérielle systémique (HTA) sont évocateurs d´un SAOS.

Diagnostic par polysomnographie

Néanmoins, le diagnostic final repose systématiquement sur un enregistrement nocturne.
La polysomnographie réalisé en laboratoire de sommeil est l´examen de référence pour le diagnostic du SAOS. Elle permet d´obtenir une information complète sur l´évolution des états de vigilance et la qualité du sommeil du sujet enregistré ainsi que sur la qualité de sa respiration.

Les spécialistes s’accordent sur le fait qu’il est inutile d’enregistrer les signaux neurophysiologiques de façon systématique en première intention devant une symptomatologie typique. Une polygraphie limitée aux seuls signaux cardio-respiratoires, dite polygraphie ventilatoire (PV), sera amplement suffisante et techniquement beaucoup plus simple à mettre en œuvre.

Techniquement, la polysomnographie permet l’enregistrement simultané des tracés de l’activité cérébrale (électroencéphalogramme), des muscles oculomoteurs (électro-oculogramme) pour déceler la phase dite « paradoxale » du sommeil, des muscle de la houppe du menton (électromyogramme), ainsi que du flux aérien naso-buccal et des mouvements thoraciques et abdominaux.

L´enregistrement de signaux respiratoires a pour objectif la reconnaissance des événements respiratoires anormaux (ERA), apnées, hypopnées, épisodes de limitation excessive du débit inspiratoire, et la définition de leur caractère obstructif ou central.

Le traitement par PPC

Le traitement des apnées du sommeil repose dans la plupart des cas sur la mise en place d’un dispositif médical à pression positive continue (PPC ou CPAP). Cet appareillage est inscrit sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR) au titre d’un forfait de location hebdomadaire.

La prise en charge est assurée après entente préalable remplie par le médecin traitant lors de la première prescription pour une période probatoire de 5 mois, puis une fois par an lors des renouvellements.

Cette prise en charge est assurée pour des patients présentant une somnolence diurne et au moins trois des symptômes suivants : ronflements, céphalées matinales, vigilance réduite, troubles de la libido, hypertension artérielle (HTA), nycturie. Ces symptômes doivent être associés à un indice d’apnées (A) plus hypopnées (H) par heure de sommeil (A+H) supérieur ou égal à 30, révélés par l’analyse polygraphique. Si cet indice est inférieur à 30, il faut au moins 10 microéveils par heure de sommeil, en rapport avec une augmentation de l’effort respiratoire, documentés par l’analyse polysomnographique.

Le diagnostic confirmé, le médecin prescripteur va proposer un traitement basé sur un appareillage à pression positive continue.

Deux nouveaux acteurs vont alors faire irruption dans la vie du patient :

  • L’appareil de pression positive continue et son lot de contraintes
  • Le prestataire de services médico-techniques. Vous trouverez sur ce site la liste des prestataires qui ont signé la Charte du patient suivi à dommicile de la FFAAIR

Savoir accepter l’appareillage à PPC

La réussite du traitement passe par l’acceptation par le patient lui-même, mais aussi par son entourage de cet appareillage. Dans cette phase d’apprentissage ou plutôt d’éducation, le rôle du prestataire de services médico-techniques est capital.

  • C’est lui qui va veiller à la bonne adaptation du masque, et du harnais, et en faire tester plusieurs si nécessaire
  • C’est lui qui va apprendre au patient et à son entourage à se familiariser et à vivre avec l’appareil
  • C’est lui qui va dispenser les règles d’hygiène et de sécurité
  • C’est à lui que le patient ou son entourage fera appel en cas de nécessité
  • C’est lui qui sera l’interface, entre le patient et le prescripteur si des difficultés d’adaptation liées au niveau de pression apparaissent.

L’importance du suivi du traitement

Pendant cette première phase d’éducation, le prestataire sera très présent, afin d’expliquer les attendus du traitement,, d’apporter, après avis du prescripteur, les adaptations nécessaire, de motiver parfois à la poursuite du traitement, en un mot d’accompagner le patient et son entourage pour une réussite optimale du traitement mis en place.

Ensuite , lorsque cette phase sera terminée, le prestataire aura à cœur d’honorer le cahier des charges lié à la mise en place de ce dispositif médical en passant au minimum deux fois par an pour effectuer un relevé d’observance et effectuer les opérations de maintenance préventive nécessaire. C’est à l’occasion de ces passages qu’il effectuera le renouvellement du masque et du circuit patient. Bien entendu, étant toujours à l’écoute du patient, il saura augmenter la fréquence de ses passages en cas de nécessité. Enfin, Il devra rendre compte de ces actions auprès du médecin prescripteur et également assurer une astreinte de service, 24H x24 et 7 jours sur 7.

L’orthèse d’avancée mandibulaire : une alternative à la PPC

L’orthèse d’avancée mandibulaire est un dispositif médical qui se place dans la bouche et qui ne peut qu’être réalisé sur mesure d’après vos empreintes dentaires. Elle permet de maintenir la mâchoire inférieure en position légèrement avancée pendant le sommeil, ce qui libère le passage de l’air au niveau du pharynx et diminue le phénomène d’obstruction qui génère les apnées dites obstructives.

Mécanisme d’action de l’orthèse

Dans quels cas l’orthèse constitue-t-elle un traitement possible ?

Elle est reconnue pas la Haute Autorité de Santé (HAS) comme un traitement efficace du syndrome des apnées obstructives du sommeil (SAOS), dans des cas précis. Il faut noter que la recommandation de la HAS ne concerne que les orthèses sur mesure. Les orthèses universelles – vendues en pharmacie ou par correspondance ne sont pas recommandées, car elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité dans le traitement de l’apnée du sommeil.

L’orthèse peut ainsi être prescrite en traitement de « première intention » pour les apnéiques légers et modérés qui ne présentant pas de risques cardio-vasculaires majeurs, ni de somnolence diurne excessive. Elle reste un traitement de deuxième intention – mais sous certaines conditions – en cas d’échec ou de refus de la ventilation par PPC pour les apnéiques sévères. Enfin, elle peut aussi être prescrite conjointement à cette ventilation par VPPC dans le cadre de déplacements fréquents.

Comment se faire équiper d’une orthèse ?

La 1ère étape est bien de confirmer l’apnée du sommeil et de faire à cet effet un enregistrement du sommeil. Dans la plupart des cas, une polygraphie ventilatoire à domicile est effectuée. Dans certains cas, on réalise une polysomnographie nocturne à l’hôpital. Sur la base de cet enregistrement, le pneumologue confirme ou infirme le syndrome d’apnée du sommeil et le cas échéant peut prescrire une orthèse sur mesure. Il faudra alors prendre rendez-vous avec un spécialiste dentaire formé à cette technique qui prendra en charge le patient pour la réalisation d’une orthèse. Il faut compter en moyenne trois rendez-vous, à 10 – 15 jours d’intervalle, pour une bonne prise en charge. Entre la prescription et l’usage de l’appareil, ajustement compris, il peut s’écouler entre 3 et 6 mois. Car une fois que le dentiste a bien réglé l’orthèse, un rendez-vous doit être repris chez un spécialiste du sommeil pour vérifier l’efficacité de celle-ci. Il faudra ajuster la propulsion par rapport à la symptomatique (fatigue, ronflements), s’assurer de la bonne tolérance de l’appareil et enfin vérifier son innocuité dentaire et articulaire. Par la suite, un rendez-vous par an, auprès de votre dentiste, est préconisé pour le suivi.

 
LES CONSEQUENCES POUR LA SANTÉ DU SYNDROME D'APNEES OBSTRUCTIVES DU SOMMEIL (SAOS)
Les conséquences du SAOS sur la santé sont majeures la recherche clinique montre désormais le lien étroit entre le Syndrome d’Apnées du Sommeil et des maladies chroniques, telles que l'hypertension, les maladies cardiaques, les attaques cérébrales, le diabète et l'obésité.

Traiter le Syndrome d’Apnées du Sommeil peut limiter ses conséquences néfastes sur la santé et plus généralement améliorer la qualité de vie.
                     
Le message est donc simple :
si vous souffrez d’apnées, des traitements existent, parlez-en à votre médecin !
Hypertension artérielle

Près de 40% des gens souffrant d’hypertension artérielle souffrent également du Syndrome d’Apnées du Sommeil. Ce chiffre passe à 80% lorsqu’il s’agit de personnes prenant 3 ou 4 médicaments pour abaisser leur pression artérielle.

Le Syndrome d’Apnées du Sommeil est une des causes reconnues d’hypertension artérielle.

Si vous souffrez d’hypertension et du Syndrome d’Apnées du Sommeil, commencer un traitement pourrait vous aider à faire baisser votre tension artérielle et à diminuer le risque d’accidents cardiovasculaires.  Mais le traitement par PPC ne peut pas remplacer votre traitement contre l'hypertension.

Maladies cardiovasculaires

 

Le Syndrome d’Apnées du Sommeil non-traité fatigue le cœur et peut entraîner un mauvais fonctionnement de celui-ci. Sans traitement, le Syndrome d’Apnées du Sommeil peut favoriser la survenue de maladies cardiovasculaires graves, comme la maladie coronarienne,l'insuffisance cardiaque ou l'AVC.
En se faisant soigner, les personnes souffrant du Syndrome d’Apnées du Sommeil peuvent réduire le risque de développer ce type de pathologies.

Le traitement du Syndrome d’Apnées du Sommeil peut aider les patients  à préserver leur coeur et leurs artères
.

Il y a cinq fois plus de risque de développer une maladie coronarienne quand on souffre du Syndrome d’Apnées du Sommeil.

Accidents vasculaires cérébraux

Plus de 60% des patients qui ont eu un accident vasculaire cérébral souffrent également du Syndrome d’Apnées du Sommeil.

Les victimes d’attaque cérébrale souffrant du Syndrome d’Apnées du Sommeil non-traité peuvent avoir plus de difficultés que les autres patients à retrouver un bon état de santé : la récupération après une attaque cérébrale requiert beaucoup d’énergie, de motivation, et la somnolence causée par le Syndrome d’Apnées du Sommeil peut rendre difficile la poursuite d’un programme de réadaptation, ce qui compromet la récupération.
Les victimes d’attaque cérébrale souffrant du Syndrome d’Apnées du Sommeil non traité ont plus de risques de décéder des suites de leur attaque. Il semble possible de traiter le SAOS très rapidement après l'AVC.
Diabète

Les personnes souffrant du Syndrome d’Apnées du Sommeil ont un plus grand risque de développer un diabète de type 2.

De plus, le Syndrome d’Apnées du Sommeil est fréquemment retrouvé chez les personnes ayant un diabète et pourrait aggraver leur condition. Une amélioration de l'équilibre du diabète semblerait possible chez certains patients apnéiques traités par PPC.  

Toutefois ce bénéfice est encore incertain, en particulier en cas d'obésite.

Si vous êtes diabétique et que vous pensez être atteint d'un Syndrome d’Apnées du Sommeil, vous devriez consulter  votre médecin. Traiter votre Syndrome d’Apnées du Sommeil pourrait contribuer à réduire les risques associés, comme les maladies cardiovasculaires.

30 à 35% des personnes ayant un diabète de type 2 souffrent également d'un Syndrome d’Apnées du Sommeil.

 

OBESITÉ

Environ 40% des personnes obèses souffrent du Syndrome d’Apnées du Sommeil.

Il a été montré que le manque de sommeil et le Syndrome d’Apnées du Sommeil favorisaient la prise de poids dans le temps. Les mécanismes impliqués ne sont pas bien identifiés, mais il semblerait que le SAS perturbe la sécrétion de certaines hormones impliquée dans la satiété. Ainsi le SAS favoriserait la prise alimentaire. En retour, l’obésité, notamment au niveau de l’abdomen, favorise l’apparition d’un SAS et sa sévérité, créant ainsi un cercle vicieux.

Si vous souffrez d'obésité et pensez avoir un Syndrome d'Apnées du Sommeil, parlez en à votre médecin, qui pourra vous proposer une prise en charge adaptée.